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A cœur ouvert avant notre mariage

« Mesdames et messieurs, vérifiez que vos ceintures sont bien attachées et que vous êtes installés confortablement. Nous sommes sur le point de décoller. Il est 12h40 et nous arriverons à l’aéroport Félix Houphouet Boigny d’Abidjan à 15h40. Le capitaine et tout le service à bord  vous souhaitent un bon voyage ».

La voix de l’hôtesse de l’air venait de retentir dans l’avion. Mon rythme cardiaque était encore plus accéléré. Mes yeux étaient fermés. J’avais peur. Je serrais fortement mon chapelet comme si je cherchais à arrêter le temps. Je priais tous les saints. J’avais peur du décollage. J’avais le souffle coupé.

Seigneur, permets que le voyage se passe bien !  Avec tous les crashs qu’il y avait eu ces temps-ci, c’était la seule formule qui me venait en tête.Ouf, l’avion était bel et bien en altitude. J’essayais de me détendre, de penser à autre chose en vain. C’était difficile.

Je ne supportais pas les avions. C’était trop aléatoire. Le sourire des hôtesses ne me rassurait pas. L’attention des stewards me laissait indifférente. J’étais inquiète. Mon cœur battait la chamade. Ce n’était pas la première fois que je voyageais par avion. C’était même une habitude. Et pourtant, aujourd’hui, j’avais une raison plus qu’importante de me faire du souci.

Dans deux jours, je serai madame N’Dri. Le pilote avait intérêt à ne pas faire d’erreurs. C’était tout ce que je ne pouvais pas maîtriser!

Hormis cet aspect, j’avais tout prévu, absolument tout ! Je n’avais pas de bagage dans la soute. Ma robe blanche était avec moi dans la cabine. Mes chaussures, mes gants, mon vernis, mon coffret de maquillage, tout était avec moi. Pas de risque de vol. Le seul hic, c’était d’arriver à bon port.

Ah, ça aurait été plus facile, moins angoissant si j’étais sur place à Abidjan. Il a fallu que mon boss m’envoie en mission à Dakar, la terre de la Téranga. Son choix s’est porté sur moi parce que j’y avais fait mes études et Dakar n’avait pas de secret pour moi.

Ah la belle époque ! La vie d’étudiant ! Ce sont les meilleurs moments de la vie. La galère à n’en point finir, les amitiés qu’on se crée, le choc culturel pour nous qui n’étions pas au pays, les faux coups qu’on se faisait entre amis, les voisins souvent insupportables, les sorties nocturnes…. tout était réuni  pour un épanouissement escaladé et total.

C’est à ce moment aussi qu’on rencontre souvent son grand amour. Et moi, je n’avais pas échappé à la règle.

Christian N’Dri et moi sommes rencontrés dans l’une des meilleures business school de Dakar. Moi, je venais fraîchement d’Abidjan avec un baccalauréat mention Assez bien ; ce qui m’a d’ailleurs permise d’avoir une bourse pour mon premier cycle. C’était ma première année au Sénégal tandis que Christian, lui, était en 3è année de marketing.

Je me rappelle qu’il m’avait abordé la première fois pas trop loin du snack de l’école. Nous étions tous les deux dans nos uniformes bleu blanc exigés. Ah notre belle tenue ! Avec la cravate qui était toujours sujet de discorde entre l’administration et les étudiants. Je me rappelle encore comme si c’était hier !

Christian était d’un teint noir ciré avec de belles dents blanches. J’avais remarqué aussi qu’il sentait très bon mais ce jour là, j’étais pressée. Je n’avais pas la tête à écouter les balivernes d’un homme. J’avais eu une journée chargée, stressante même et il fallait encore que j’aille faire la cuisine pour satisfaire mon estomac. Je l’ai donc presqu’expédié comme un courrier. En plus, il avait l’air tellement confiant et tellement sûr de lui qu’il m’agaçait. Et pourtant, sans le savoir, il venait de poser la première pierre d’une flamme qui n’était pas prête de s’éteindre. Evidemment, je ne lui avais pas donné mon numéro de téléphone ! Je m’empressais même de m’éloigner.

Je me rends compte aujourd’hui, que nul ne peut échapper à son destin.

Christian N’Dri. Mon Christian sans qui je n’ose même plus imaginer ma vie. Christian, sans qui, ma vie serait vaine et sans intérêt. Titi chéri, Titi de mon cœur. Et dire que je t’ai évité toute cette année scolaire un peu comme si je te fuyais. J’ai même honte de moi quand j’y pense. A plusieurs reprises, j’ai nié ne pas te reconnaître. Tu savais que je mentais mais tu te plaisais dans ce cache-cache d’amour. Tout ce que je VOULAIS, c’était que tu me laisses tranquille. Tout ce que je VEUX aujourd’hui, c’est être celle qui fera ton bonheur même dans l’au-delà.

Béni soit le jour où nous nous sommes revus dans ce night club préféré de tous les étudiants : le VOYAGEUR. Tu étais au niveau de la porte de sortie avec tes amis. Moi également j’étais avec mes copines quand Eric, après avoir réussi à me faire sourire, m’a supplié d’aller vers toi. Selon lui, tu mourrais d’envie de faire ma connaissance. L’ambiance de ta soirée dépendait du sourire que j’accepterais bien de t’accorder. Depuis que tu m’avais aperçu à cette soirée, ce serait un sacrilège pour toi de ne pas échanger avec moi. Ah Eric ! il s’était vraiment donné du mal pour que j’accepte d’aller vers toi. Il était tellement drôle que je n’ai pas pu résister ! Et dire que Eric, c’était en fait trompé de personne. C’était en fait, Maeva ma voisine que tu voulais qu’il appelle. Je me suis tellement marrée quand tu me l’as avoué 3 ans après ! Pourtant, tu étais tellement bouleversé quand je me suis approchée de toi! Heureusement tes potes étaient avec nous pour faire la conversation. Même un aveugle pouvait remarquer à quel point je te troublais à chaque fois que je bougeais les lèvres. Tu n’arrivais pas à détacher ton regard du mien. Moi d’ailleurs je le reconnais. C’était comme si les anges s’inclinaient pour nous laisser faire notre chemin. Aucun mot n’avait de sens à cet instant. Aucune phrase n’avait de place à ce moment. C’était clair. C’était notre heure. L’heure du bonheur. C’était la fin d’une fuite inutile. J’étais séduite c’était évident. Mon cœur était conquis.

Et une histoire amoureuse hors du commun se mit en route. Nous nous sommes revus le lendemain, et le jour d’après, et ainsi de suite. Tu m’appelais tous les jours. Et un peu comme une tradition, mon téléphone s’emplissait de message d’amour que tu ne cessais de m’exprimer. On était vraiment fou amoureux l’un de l’autre. On allait souvent à Gorée main dans la main. On formait vraiment un beau couple. Déjà à ce moment, tu m’appelais Mme N’Dri. Tu ne peux pas comprendre à quel point ce simple nom me faisait frémir. J’étais aux anges comme on le dit.

Tu avais raison quand tu disais les femmes refusent toujours ce qu’elles vont  finir  par accepter Pendant plus d’une année, j’ai refusé le bonheur. Pendant tout ce temps, j’ai refoulé la joie de vivre. Tu as su être patient et ta patience, aujourd’hui, fait de moi la femme la plus épanouie sur cette terre d’autrui.

Tu sais bébé, à chaque fois que tu plonges ton regard dans le mien, je sais que j’ai une chance incomparable. Je réalise que je suis faite pour être qu’avec toi. Vivre sans toi ce serait accepter de brûler dans les feux des ténèbres seconde après seconde. Je suis éprise mon Cœur. Je t’aime, je t’aime, je t’aime encore plus chaque jour.

Notre amour est si fort chéri. Quel être a pu penser que les hommes ne méritaient pas notre confiance ? Moi je pense que quelque soit la grandeur de la marmite, il y a toujours le couvercle. Un fait est là : les femmes sont en plus grand nombre que les hommes de nos jours. La vie est semblable à la Champions Ligue. Il faut se battre pour être en tête de liste. Tant que nous les femmes n’accepterons pas de partager nos hommes, nous risquons de passer à côté de l’essentiel. Cela ne va pas dire que nous ne pouvons pas faire d’eux ce que nous voulons mais ce n’est pas évident de les empêcher d’aller à la chasse.  C’est plus fort qu’eux. Il suffit d’être un peu patiente et de savoir ce qu’on veut. Car être femme est certes une responsabilité mais c’est avant tout une panoplie d’avantages. Dieu seul sait ce que j’ai dû endurer avec mon Christian. Mais bon…J’y ai cru et voilà !

Eh oui Titi! J’ai cru et je continue de croire en notre amour. C’est surement ce que les livres saints appellent la foi. Et ça paie toujours ! La preuve 5 ans après notre premier baiser tu m’implores d’être ta femme.

Mon amour, je suis trop heureuse, heureuse de commencer une nouvelle vie à tes côtés. Ce ne sera pas facile j’en suis consciente. Passer les cinquante années à venir avec toi, quel bonheur ! Mais aussi  quel chemin ! Nous sommes si jeunes ! C’est vraiment un grand pas.

A travers cet amour qui déborde, se glissent quelques brins d’inquiétudes, je ne saurai le nier. Serais-je à la hauteur ? On dit que c’est la femme qui fait le foyer. Son attitude retiendra ou fera fuir son homme. Le mariage, c’est beaucoup de contraintes mon « thiof ». En plus, en acceptant de bénir notre union à l’Eglise, tu t’engages à être fidèle c’est à dire plus de Starline, plus d’Eva, plus de Linda, plus de Marie José, plus de Christelle, plus de Nathalie  et toutes celles que je n’ai pas découvert. Es tu prêt ? Je sais que c’est du passé. Mais on s’appuie sur le passé pour construire l’avenir. Je ne voudrais plus revivre ce genre d’infidélité sous mon nez. S’il te plait à chaque fois que je serai au nord, il faudrait que tes conquêtes soient au sud seulement par respect pour moi. J’ai supporté beaucoup de choses par amour pour toi. Les appels anonymes me traitant de tous les noms. Les messages que tu envoyais à certaines, leur promettant monts et merveilles. Ton téléphone qui crépitait même après 2h du matin. J’accepte de te donner une autre chance mais il faudrait savoir ce que tu veux. N’oublie pas que ce genre de comportements a failli me pousser dans les bras de ton meilleur ami. Heureusement qu’il y eut plus de peur que de mal. Mais, je ne veux plus que nos actes fragilisent notre histoire. Je ne veux plus qu’on se sépare. Quand je pense que nous avons failli tout gâcher pour des personnes qui n’en valent pas la peine… Mais bon…

Le mariage n’est pas une fin en soi, mais un nouveau départ. Nous allons désormais vivre ensemble. Je t’aime bébé. J’ai aussi beaucoup de respect pour ma future belle mère mais pourras tu faire la part des choses ? Ce sera moi la maîtresse de maison ! Je ne veux pas que notre amour soit entre dix personnes. C’est toi et moi. Je veux que nous demeurions avant tout une seule chair. La Bible a été bien claire : tu quitteras ton père et ta mère pour épouser une femme. M. N’Dri je ne veux pas être votre moitié seulement dans le livre d’or mais aussi et surtout dans les actes. Je veux qu’elle soit comme une mère pour moi et non comme une rivale. Je sais que c’est toujours difficile pour une mère de voir son fils s’attacher à une femme. Mais s’il te plait, j’aimerais vraiment que tu la rassures. C’est important pour l’équilibre de notre couple.

Par ailleurs, le mariage rime avec complicité et communication. Je ferai tout pour continuer à être une oreille attentive, de te soutenir dans tous tes choix. Je serai d’avantage la femme aimante qui t’a séduite au premier regard. Je serai toujours présente pour toi. L’idéal, ce serait de me ramener l’ascenseur. Pas en me disant 24h sur 24 que tu m’aimes, mais en m’écoutant, en me faisant souvent sortir. A ce propos bébé, je trouve que tu as trop d’amis dans les quartiers comme « j’arrive, je reviens, je ne vais pas loin, je vais faire un petit tour, je ne vais pas tarder ». La communication, c’est aussi dire exactement où tu vas ! Je ne veux pas être la gardienne de la maison.

Les disputes. Il y en aura toujours. Mais ce que j’aimerais c’est que ton orgueil n’emporte pas sur ton amour pour moi. Bébé, la vie est tellement courte. Nous sommes jeunes ! Soyons zen ! Profitons de la vie et attelons nous à fonder une petite famille heureuse.

J’ai foi en notre foyer. J’ai foi en toi et j’ai aussi foi à tous ces secrets de séduction que j’ai dans ma valise pour te bouleverser. N’oublie pas que je reviens fraîchement de Dakar !

  • Madame? Excusez-moi. Thé ou café ?

C’était l’hôtesse de l’air qui m’arrachait à mes pensées.

  • Euh, thé svp. Merci

Fin!

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Miss Lehi

misslehi@yahoo.fr

«Réussir sa vie de couple n’est pas innée, ça s’apprend. Et pas mal de personnes seraient encore ensemble si elles géraient autrement leur relation amoureuse. C’est pourquoi j’ai créé ce blog sur le couple et la sexualité pour s’entraider, pour partager mon expérience, pour essayer de bâtir des familles plus vraies, plus solides et pour échanger avec vous sur ces sujets souvent tabous dans notre culture... Alors, si vous avez envie d’un conseil ou d’un avis objectif, écrivez moi à misslehi@misslehi.com, je vous répondrai avec plaisir»

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